NECRO - “Gory Days” (2001 - Psycho+Logical Records)
Second album de l’utra-hardcore rappeur New-Yorkais, “Gory Days” contient toutes les bases du style Necro : un rap vindicatif au flow vélocé à la rythmique précise sur des beats ancrés dans un style qui évoque le milieu de la décennie 90;celle où Ron “Necro” Braunstein a fait ses débuts. En vertu des thèmes généralement morbides autour desquels s’articule son art, il définit lui-même son style comme du “death rap”, forme de rap extrême et sans concession qui, par essence, n’est pas compatible avec le hip-hop “mainstream” qui inonde les médias. Pas de concessions, pas de remplissage non plus : tous les morceaux ou presque sont des tubes, de celui d’ouverture “Bury You With Satan” à “Dead Body Disposal” aux paroles très…glauques en passant par “Wolrd Gone Mad” et “Scalpel” ou la précision quasi-mathématique du flow fait des ravages. “12 King Pimp Commandaments”, où il montre toute la considération qu’il a pour la gente féminine, à prendre au second degré, comme la majorité de ses textes à mon sens, de même que “One Way Or Another” (I’m gonna fuck you) ou encore “All Hotties Eat The Jizz”. Seul dénote le morceau “Poetry In The Streets Of The Big Apple”, plus sensible et nuancé que le reste. Un excellent album de rap, qui plaira ou ne plaira pas mais qui a le mérite de se démarquer d’une scène rap/hip hop embourbée dans ses clichés et ses contradictions.
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NOUVELLE VAGUE - 3 (2009 - Peacefrog )
Autant le nom de ce groupe évoque peu de choses aux gens à qui j’en parle, autant sa musique est omniprésente en fond sonore dans plusieurs émissions télévisuelles; ce qui est surprenant car le groupe est peu connu en France. A l’origine de ce groupe, Marc Collin et Olivier Libaux, deux amis qui décident un jour de reprendre plusieurs standards de la new wave des années 80 en les passant à la moulinette bossa-nova. Pari qui peu semblé risqué mais qui est réalisé avec grande classe. Au programme donc, Depeche Mode, Talkings Heads, Plastic Bertrand, Joy Division, The Cure revisités pour une trilogie qui s’achève ici avec le bien nommé “3”. L’exercice de la reprise n’est pas aisé, difficile de sublimer une chanson qui est déjà un tube sans dénaturer son essence. Nouvelle Vague passe pourtant l’épreuve avec panache, parvenant à insuffler une touche personnel et quelque chose de nouveau dans ces chansons qu’on connaît et apprécie pourtant déjà dans leurs versions originales. Concernant le chant, il est géré par plusieurs chanteuses selon les morceaux (Camille, Nadeah, Melanie Pain pour les plus connues) qui évoluent toutes à peu près dans le même registre avec chacune ses subtilités. “3” est l’album parfait pour vos dîners en amoureux ou entre amis ou pour se relaxer. Une réussite, qui confirme l’adage selon lequel “nul n’est prophète en son pays”.
“3” sur Spotify - Deezer - Master and Servant (vidéo live)
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A PERFECT CIRCLE - Mer De Noms (2000 - Virgin Records )
Crée autour de Billy Howerdel à la fin des années 90, ce groupe a rapidement acquis un statut culte, d’abord par son line-up (Maynard James Keenan (Tool) au chant, Josh Freese (Nine Inch Nails, The Offspring, 3 Doors Down) à la batterie et Jeordie White (Nine Inch Nails, Marylin Manson) à la basse. Line-up alléchant mais totalement au service de la musique et non l’inverse. “Mer De Noms” est un disque intemporel, unique. C’est l’ataraxie faite musique, la littérature d’Haruki Murakami avec des guitares, un voyage poétique, un envol au dessus de la voûte céleste. L’écouter, c’est tutoyer l’infini, l’immense, le beau. Pas de demi mesure ici. Soit on adhère et on ne peut plus s’en passer, soit ça nous passe complètement à côté. Pour ma part, je n’ai jamais plus pu m’en passer depuis que j’ai découvert “3 Libras”, téléchargé par erreur sur BearShare. Je ne vous en dirais pas plus. Bonne écoute.
“Mer De Noms” sur Spotify - Deezer - 3 Libras (clip vidéo)
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NINE INCH NAILS - “With Teeth” (2005 - Nothing/Interscope )
2005, le jeu “Midnight Racing Club 3” sur PS2. Parmi tous les morceaux constituant la bande-son de ce jeu sur lequel j’ai passé des dizaines d’heures de ma vie, il y avait ce “The Hands That Feeds” de Nine Inch Nails, groupe dont le nom ne m’était pas inconnu mais qui ne m’inspirait pas plus que ça. Le morceau me plaisait bien j’avais donc été télécharger l’album au cybercafé du bas de chez moi via BearShare puis copié dans mon lecteur MP3 128 mo (technologie d’une autre époque…pourtant pas si lointaine). Rien ne s’est fait sur le moment. Profitant d’une de mes fréquentes périodes de déprime adolescente, insidieusement, je me suis retrouvé pénétré par la musique, comme “immergé” en elle, incapable d’en sortir. C’est une sensation que je ne saurais pas mieux définir que ça avec les mots. Je n’ai jamais pu l’oublier, et elle m’étreint encore à chaque fois que je réécoute ce disque qui m’a fait découvrir l’univers de Nine Inch Nails. Alors oui, ce n’est pas le meilleur disque du groupe, oui ce n’est peut-être même pas un bon album dans sa catégorie, mais ça reste celui qui signifie le plus de choses pour moi, un des rares disques qui soit capables de me ramener dans mon adolescence et de m’apaiser. A une période de ma vie, je n’ai eu comme seule chose à quoi me raccrocher que cet album. Je peux même dire que le morceau “Every Day Is Exactly The Same” et ses paroles sont une des raisons pour lesquelles je ne me suis pas suicidé à une époque ou ça me tourmentait beaucoup. C’est quand je vois à quel point la musique est capable de nous remuer profondément, de transformer nos états d’esprits et de nous faire voyager, c’est dans ces moments là que je comprends pourquoi la musique est un art.
“With Teeth” sur Spotify - Deezer - “Everyday Is Exactly The Same” (vidéo live)
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DIR EN GREY - “Vulgar” (2003 - Firewall Div/SMEJ/Gan-Shin)

Dir en grey, un de mes premiers amours en metal alors que ce n’est même pas vraiment du metal à la base. Parmi les plus gros noms de la vague visual kei nippone qui a déferlé sur l’Europe vers la fin des années 2000, Dir en grey s’est peu a peu éloigné de ce son qui avait fait leur popularité pour lorgner vers une musique plus metal, plus “occidentale” je dirais même. Vulgar est l’album qui marque le début de cette transition (qui sera complète avec “Uroboros”, sorti en 2008). C’est en vertu de ce statut d’album de liaison que cet album est intéressant. On y retrouve plus que sur quelques titres cette schizophrénie ambiante qui mêle punk, metal, rap, funk, électro et je-ne-sais-quoi, caractéristique du visual kei (“Child Prey”, “Asunaki Kofukou, Koenaki Asu”), et beaucoup de titres ont des structures plus rock (“Shokubeni”, “Kasumi”). Un disque plus cohérent, moins foufou qu’à l’accoutumée mais non dénué de tubes (“Child Prey” et ses ‘oooh oooh oooh’, fédérateurs, “Saijou No Uta”, “Kasumi”, “Red…[Em]” et son splendide solo de basse), et l’ovni musical et visuel qu’est “Obscure”, chanson torturée au clip assez comment dire…original. Difficile de parler de ce groupe sans mentionner la voix de son chanteur, Kyô, qui sait s’éloigner des standards japonais et possède une personnalité propre. Un disque intéressant et homogène qui parlera certainement plus aux fans de neo metal qu’à d’autres.
“Vulgar” sur Spotify - “Obscure” (clip vidéo)







