
L’écureuil roux “sciurus vulgaris” est un petit animal possédant deux longues dents qu’il doit à son statut de rongeur.
Te souviens-tu de ces jours heureux, jours lointains où il suffisait d’une missive d’une centaine de caractères traversant les océans pour générer chez celui d’entre nous qui le recevait un sourire des plus sincères, émotion qui illuminait de toute sa pureté la pénombre de nos mornes quotidiens et nous permettait de naviguer à vue pendant quelques temps encore? Te souviens-tu de la joie innocente qui nous habitait alors, bonheur de se savoir objet des pensées de l’autre à cet instant précis en dépit des milliers de kilomètres entre nous, bonheur ressenti comme un privilège dont la jouissance se devait d’être égoïste? Revois-tu comme moi ces jours où nous forcions presque la télépathie, empêchés de se répondre par de banals soucis pécuniaires? Combien de fois au réveil t’ai-je cru protagoniste de mes escapades oniriques alors qu’un de tes messages m’avait arraché aux bras de Morphée trop peu de temps pour que j’en soit conscient?
Nous nous donnions ce que nous pouvions, le pire comme le meilleur; aucune importance, c’était toujours beau, significatif, important, spontané. Nous nous nous étions voués à être nous pour l’éternité, et nous le sommes restés. Simplement, suite à l’évènement improbable, nous nous sommes redéfinis. Nous l’avons laissé planter les germes d’un nouveau départ. Insidieux, il a pris son temps pour mener à bien sa besogne, a su se faire oublier pour mieux s’imposer par la suite. L’un sûrement moins résigné que l’autre, il semble que nous l’ayons accepté, finalement.
Je n’ai rien à conclure de tout ceci. D’abord parce que ce genre d’histoire ne se conclut véritablement que lorsqu’on n’est plus dans le meilleur des états pour en dire quoi que ce soit de recevable. Ensuite, je crois que je ne me résoudrais jamais à tuer la sensation d’apaisement, la nostalgie bienheureuse qui m’étreint à chaque fois que je me remémore ces moments.
L’écureuil roux est petit mais très précautionneux : en prévision de l’hiver, il fait des réserves de nourriture en mangeant beaucoup plus que d’ordinaire afin de résister au froid de l’hiver. Il possède des poches dans ses joues appelées abajoues où il stocke de la nourriture pour la manger plus tard, ce qui lui donne cet air câlin et qui fait de lui un des animaux préférés des tout-petits.
Tel “sciurus vulgaris”, cette bestiole trop kikinou qui plaît aux bambins et qui a un master 1 en logistique dans son code génétique, je fais des réserves, rangeant avec méthode ici et là tout plein de compotes rendus d’évènements, d’argumentaires et leurs exemples, de schémas de comportement à adopter, tout ceci les sens à l’affût du moindre indice annonciateur. Il se trouve que contrairement à l’ami rouquemoute mangeur de noisettes, rien dans le calendrier de Mère Nature me concernant, ce qui fait que parfois je tape dans mes réserves et j’ai du mal à les reconstituer.
Comme quoi, c’est très instructif les documentaires pour enfants.